Recherche

Biographie de Changsha JingcenChangsha Jingcen (?–868), disciple de Nanquan Puyuan.

  • Tirée de Wudeng huiyuanWudeng huiyuan (1252) (Le Compendium des Cinq Lampes) de Dachuan Puji.
// //

Changsha Jingcen entra dans la salle des moines et s’adressa à eux en ces termes : « Si je vous prêche, l’herbe poussera dans la salle sur une profondeur de trois mètres ! Mais c’est quelque chose qui ne peut être empêché. Je vous dis donc que tous les mondes qui s’étendent dans les dix directions sont l’œil du véritable moine. Tous les mondes pénétrant les dix directions sont le corps complet du véritable moine. L’omniprésence de tous les mondes dans les dix directions est votre propre lumière brillante. Tous les mondes dans les dix directions sont dans votre propre lumière. Et dans tous les mondes des dix directions, il n’y a pas un seul être qui ne soit pas vous-même. C’est ce que je vous ai enseigné lorsque j’ai dit que tous les bouddhas, dharmas et êtres sensibles des trois mondes sont la grande lumière de la sagesse. Mais avant même que cette lumière ne soit propagée, quel est l’endroit où vous avez existé ? Avant que cette lumière ne soit propagée, avant les bouddhas et avant les êtres sensibles, d’où sont sorties les montagnes, les rivières et la grande Terre ? »

Un moine demanda :

Puis il ajouta :

— Le jour, regardez le soleil. La nuit, regardez les étoiles.

— Les hautes montagnes sont colorées en vert sur vert, conclut Changsha.


Un moine demanda :

— En ce moment même, je suis assis et toi, tu es debout, dit Changsha.


Un moine demanda :


Un moine demanda :


Changsha envoya un moine pour poser une question au maître zen Hui, qui était un condisciple de Changsha lorsqu'il était avec Nanquan.

Le moine demanda au maître zen Hui :

— Comment était-ce après avoir vu Nanquan ?

Hui resta silencieux.

Le moine demanda :

Le moine rapporta cette conversation à Changsha.

Changsha composa alors ce verset:

Au sommet d’un poteau de cent pieds, une personne immobile, Bien qu’elle soit entré, elle n’a pas atteint la vérité. En haut du poteau, elle doit s’avancer. Alors le monde dans les dix directions est son corps complet.

Le moine demanda alors :


Changsha et Yangshan profitaient de la Lune.

Yangshan dit :

— Comment l’utiliseras-tu ?

Changsha renversa Yangshan d’une poussée à la poitrine, puis le piétina.

Yangshan dit : « Whoa, comme un tigre ! » (Changqing Huileng dit : « Avant, ils étaient une seule famille. Après, ils n’étaient pas d’une seule famille. » Il a aussi dit : « L’hérésie est difficile à supporter. »)

À partir de ce moment, Changsha fut connu de tous comme « Le Tigre ».


Un moine demanda :

Le moine répondit :

— Je ne comprends toujours pas qui devient un bouddha.

Le moine resta silencieux.

— Comprends-tu ?


Un moine demanda :

— La forme est le vide ; le vide est la forme. Qu’est-ce que cela signifie ?

Une obstruction n’est pas une barrière, Un passage n’est pas vide. Lorsqu'on comprend de cette manière, L’esprit et la forme sont fondamentalement les mêmes.

Changsha a également dit :

La nature de Bouddha se manifeste de façon grandiose, Mais les passions obscurcissent la nature profonde. Lorsque la nature désintéressée des êtres est réalisée, En quoi mon visage diffère-t-il de celui de Bouddha ? »

Un moine demanda :


Changsha fit l’éloge de son maître Nanquan, en disant : « Grand et auguste Nanquan ! Son enseignement montre l’origine des trois mondes - un diamant éternel - rayonnant sans limites. Il a manifesté d’innombrables bouddhas. Maintenant, il est reparti. »

Longtemps avant, lors de son illumination sous Nanquan, Changsha avait composé les vers suivants :

Aujourd’hui, je suis revenu à la porte de mon ancienne maison, Et Nanquan parle intimement de l’univers entier. Toutes les choses révèlent le sens des anciens. Le prodigue regrette ses actes infidèles.

À ce verset, Nanquan répondit par un autre qui disait :

La grande fonction d’aujourd’hui n’est pas abordée, Car Nanquan ne parle pas de l’univers entier. Le retour à la maison est l’affaire des descendants, Les anciens n’ont jamais quitté la porte.

Un mécène bouddhiste nommé Haoyue demanda à Changsha Jingcen :

Le maître zen Changsha répondit :

Haoyue resta silencieux. Changsha récita alors :

Si quelque chose est fondamental, il n’existe pas. Si quelque chose est annihilé, il ne cesse pas. Le nirvana et la rétribution karmique sont d’une nature inséparable.

Source

Andrew E. Ferguson, Zen's Chinese heritage, 2000, ISBN 0-86171-163-7 978-0-86171-163-5.