- Tirée de Wudeng huiyuanWudeng huiyuan (1252) (Le Compendium des Cinq Lampes) de Dachuan Puji.
D’après la tradition, Dogo fut le disciple de trois maîtres zen différents : Faqin, Baso et enfin Sekito Kisen dont il reçut la Transmission.
Daowu avait la réputation d’un pratiquant de zazen très assidu. On dit qu’une nuit, pendant un orage violent, il alla s’asseoir en zazen dans un cimetière.
Lors de sa rencontre avec Shitou, Daowu demanda :
- Par quelle méthode révélez-vous la sagesse libératrice aux gens ?
- Il n’y a pas d’esclaves ici. De quoi cherches-tu à te libérer ? répondit Shitou.
- Comment peut-on la comprendre ?
- Alors tu essayes toujours de saisir le vide ?
- À partir d’aujourd’hui, je ne le ferai plus.
Puis Shitou demanda :
- J’aimerais savoir : quand es-tu sorti de « cet endroit » ?
- Je ne viens pas de « cet endroit », répondit Daowu.
- Je sais déjà d’où tu viens.
- Maître, comment pouvez-vous calomnier les gens de cette façon ?
- Ton corps est révélé ici maintenant.
Daowu demanda alors :
- Bien qu’il en soit ainsi, comment votre enseignement sera-t-il exposé à ceux qui viendront plus tard ?
- Dis-moi, qui sont ceux qui viendront plus tard ? répondit Shitou
En entendant ces mots, Daowu connut instantanément une grande illumination, dissolvant l’esprit qu’il avait atteint à partir des enseignements de ses deux précédents maîtres.
Plus tard, Tianhuang a vécu sur le mont Ziling dans la ville de Dangyang à Xingzhou. Les pratiquants qui venaient y étudier étaient serrés les uns contre les autres [tant ils étaient nombreux], sa réputation atteignant même la capitale où il était connu de tous.
Tianhuang Daowu rencontra Ryutan. Longtan lui demanda :
- Quelle est l’affaire qui a été transmise de génération en génération ?
- Rien d’autre que de savoir d’où vous venez.
- Combien y en a-t-il qui peuvent gagner cet oeil de sagesse ?
- Les herbes courtes deviennent facilement de grands roseaux.
- Comment parle-t-on du grand mystère ? demanda un moine.
- Ne dites pas : « J’ai réalisé le bouddhadharma ! »
- Comment traiter les moines qui sont coincés ?
- Pourquoi ne me le demandes-tu pas ?
- Je viens de vous le demander.
- Va ! Ce n’est pas l’endroit où tu trouveras le soulagement.
Au quatrième mois de l’année 807, Tianhuang tomba malade. Il demanda à ses disciples d’annoncer qu’il allait bientôt décéder. À la fin de l’été, le grand public s’informait de sa maladie.
Soudain, le maître appela le tenzo, qui vint s’asseoir devant lui. Tianhuang lui demanda : « Tu comprends ? » Le cuisinier répondit : « Je ne comprends pas. »
Tianhuang prit un coussin et le jeta par terre. Il décéda ensuite.
Source
Andrew E. Ferguson, Zen's Chinese heritage, 2000, ISBN 0-86171-163-7 978-0-86171-163-5.