Damei Fachang (752–839)

Damei FachangDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi., originaire de Xiangyang (Hubei), devint novice très jeune et reçut l’ordination complète à l’âge de 20 ans. Il devint ensuite disciple de MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. auprès de qui il connut l’éveil.


La première fois qu’il rencontra MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang., il lui demanda :

Hojo eut alors un grand satori.


Par la suite, il quitta MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. et s’installa sur le mont Damei (en japonais DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi., qui signifie « grosse prune »), où il vécut en ermite. Pour tout vêtement, il portait des feuilles de lotus qu’il cousait ensemble ; pour toute nourriture, il mangeait des glands et des pruneaux. Il pratiquait seul avec pour unique compagnon une grenouille qui avait l’habitude de s’asseoir devant lui lorsqu’il faisait zazen. Pendant zazen, il plaçait une pagode en fer en équilibre sur sa tête et il devait faire attention à ne pas éternuer ou tousser, pour que la pagode ne tombe pas sur ses genoux ou, pire encore, sur la grenouille.


Un jour, un moine qui ramassait du bois dans la forêt trouva son ermitage. Il lui demanda :

Le moine retourna dans son monastère et rapporte cette rencontre à son maître, YanguanYanguan Qi’an (750–842), disciple de Mazu Daoyi.. Celui-ci le chargea d’inviter DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. dans le monastère. DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. répondit à cette invitation avec le poème suivant :

Une souche d’arbre endommagée s’affaisse dans la forêt. L’esprit reste inchangé à mesure que le printemps passe. Un bûcheron passe mais ne la voit toujours pas. Pourquoi cherchez-vous les ennuis en les poursuivant ? Les innombrables feuilles de lotus sur l’étang me servent de vêtements. Pour me nourrir, il me reste une abondance de pommes de pin. Maintenant que des gens du monde connaissent l’existence de ma hutte, Je vais la déplacer dans un endroit plus isolé.

Quand MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. apprit que DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. vivait dans la montagne, il envoya un de ses disciples lui poser cette question : « Quand vous avez rencontré Maître MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang., qu’a-t-il dit qui vous a poussé à aller vivre dans la montagne ? »

Question à laquelle DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. répondit : « L’esprit est Bouddha. »

Le moine lui dit : « Désormais, Maître MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. ne dit plus cela. Maintenant il dit “Pas d’esprit, pas de Bouddha.” »

Hojo répondit alors : « Ce bonhomme peut bien dire ce qu’il veut. Il peut bien dire “Pas d’esprit, pas de Bouddha.” ; en ce qui me concerne, je m’en tiens à “l’esprit est Bouddha.” »

Le disciple retourna voir MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. et lui rapporta cet échange. MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. dit : « La prune est mûre. »


Par la suite, sa réputation DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. grandit largement et des disciples de la Voie firent le voyage dans les montagnes pour recevoir son enseignement.

Il s’adressa un jour aux moines en disant :

« Vous devez tous tourner votre regard vers l’intérieur et arriver à la racine de votre esprit. Ne poursuivez pas les branches ! Atteignant la source, la fin sera également atteinte. Si vous voulez connaître la source, il vous suffit de connaître votre propre esprit. La source de l’esprit est le monde entier. Les myriades de dharmas sont la source de l’esprit. Lorsque le mental se manifeste, les innombrables dharmas se manifestent ainsi. Et quand l’esprit disparaît, la myriade de dharmas disparaît. L’esprit, cependant, ne surgit pas selon les conditions du bien et du mal. La myriade de dharmas surgit dans leur propre ainsité. »


Alors qu’ils voyageaient ensemble, deux moines, JiashanJiashan Shanhui (805–881), disciple de Chuanzi Decheng. et Dingshan, eurent une discussion.

Dingshan disait : « Quand il n’y a pas de Bouddha dans la vie et la mort, alors il n’y a ni vie ni mort. »

JiashanJiashan Shanhui (805–881), disciple de Chuanzi Decheng. quant à lui disait : « Quand Bouddha est dans la vie et la mort, il n’y a pas de confusion sur la vie et la mort. »

Les deux moines n’arrivant pas à s’entendre, ils montèrent voir Damei FachangDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi..

JiashanJiashan Shanhui (805–881), disciple de Chuanzi Decheng. demanda : « Nous aimerions savoir quel est le point de vue le plus intime ? »

DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. leur dit : « Allez-vous-en. Revenez demain. »

Le lendemain, JiashanJiashan Shanhui (805–881), disciple de Chuanzi Decheng. revint voir DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. et reposa la question de la veille.

DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. répondit : « Celui qui est intime ne demande pas. Celui qui demande n’est pas intime. » (Des années plus tard, alors que JiashanJiashan Shanhui (805–881), disciple de Chuanzi Decheng. était abbé, il dit : « À ce moment-là, j’ai perdu mon œil. »)


Un jour, DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. dit soudain à ses disciples : « Quand il vient, on ne peut pas le retenir. Quand il part, il ne peut pas être poursuivi. »

Quand DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. se tût, les moines entendirent le bruit d’un écureuil.

DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. répondit : « C’est seulement cela ! Pas autre chose ! Que chacun d’entre vous le maintienne et le soutienne fermement. Maintenant, je décède. »

À ces mots, DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. a quitta ce monde.


Plus tard, le maître Yongming YanshouYongming Yanshou (904–975), disciple de Tiantai Deshao. fit l’éloge de DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. en disant : « Quand DameiDamei Fachang (752–839), disciple de Mazu Daoyi. a accompli la Voie, il a dit : “L’esprit est Bouddha.” À la toute fin, il enseigna aux moines : “C’est seulement cela, pas autre chose.” La source de la myriade de dharmas pénètre les os des mille saints. La vérité, bien que transformée, est immobile. Comment arrêtera-t-on son avènement et sa mort ? »


Sources

  • Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Somerville, 2011, ISBN 978-0-86171-604-3.
  • Taisen Deshimaru, Dōgen, Le livre du kesa: Shobogenzo, Paris, 2000, ISBN 978-2-901844-25-9.