Baizhang Huaihai (720–814)

Portrait de Baizhang Huaihai
Baizhang Huaihai
(720–814)

Fondateur du monachisme zen, un des plus éminents disciples de MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang.. Il aurait instigué la devise chán « Un jour sans travail, un jour sans nourriture ».


Baizhang HuaihaiBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. était originaire de la ville de Changle (préfecture Fuzhou dans le Fujian). Né dans une famille de la haute aristocratie, il était instruit et extrêmement brillant. Il fut ordonné moine par un maître du Vinaya, avant de rejoindre MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. vers 770.


Un jour qu’il se promenait avec MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang., un vol de canards sauvages vint à passer. Le patriarche Ma lui demanda :

Alors le Grand Maître se saisit du nez de BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. et le tordit. Ce dernier cria de douleur et MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. lui dit : « Quand donc se sont-ils envolés ? » À ces mots, BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. connut l’éveil.

De retour dans ses quartiers, BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. fondit en larmes. Un des moines lui demanda :

Le moine alla voir MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. et lui demanda :

Le moine retourna voir BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. et lui dit :

Entendant ces mots, BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. éclata de rire.

Le moine resta déconcerté par le comportement de BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi..

Le lendemain, MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. entra dans la salle pour s’adresser aux moines. Juste au moment où les moines avaient fini de se rassembler, BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. roula son tapis de sol. MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. descendit de sa chaise et BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. le suivit dans la chambre de l’abbé.

MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. lui demanda :

BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. s’inclina et sortit.


En une autre occasion, alors que BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. était en présence de MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang., il désigna le hossuhossu
Chasse-mouche symbole de la transmission.
de l’abbé posé sur son support et dit :

BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. prit le hossuhossu
Chasse-mouche symbole de la transmission.
et le tint droit.

BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. remit le hossuhossu
Chasse-mouche symbole de la transmission.
sur son support.

MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. poussa un cri si puissant que BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. resta sourd pendant trois jours.

De ce coup de tonnerre naquit une grande vibration. Plus tard, un éminent disciple laïc invita BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. à venir dans le district de Xinwu à Hongzhou et à servir d’abbé dans un temple sur le mont Daxiong. C’était un lieu de hauts sommets abrupts, d’où le nom de BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. (« Mille pieds »).

Avant même que BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. n’ait passé un mois au temple, des personnes venant de tous les horizons venaient se placer sous sa direction spirituelle. Les plus importants d’entre eux étaient HuangboHuangbo Xiyun (?–850?), disciple de Baizhang Huaihai. et GuishanGuishan Lingyou (771–853), disciple de Baizhang Huaihai..

Un jour, BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. a dit à la congrégation : « Le bouddhadharma n’est pas une question insignifiante. Autrefois, le Grand MazuMazu Daoyi (709–788), disciple de Nanyue Huairang. cria si fort que j’en suis resté sourd pendant trois jours. »

Quand HuangboHuangbo Xiyun (?–850?), disciple de Baizhang Huaihai. entendit cela, il tira la langue.

BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. lui demanda :

HuangboHuangbo Xiyun (?–850?), disciple de Baizhang Huaihai. s’inclina alors.

C’est avec BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. que la tradition zen issue de BodhidharmaBodhidharma (440?–536/554), disciple de Prajñātāra. s’implante fermement en Chine. Il est réputé pour avoir jeté les bases des shingi, les règles monastiques encore en vigueur aujourd’hui dans les monastères zen. Celles-ci insistent tout particulièrement sur le travail manuel ; les moines zen seront les premiers moines bouddhistes à vivre de leur travail et non de mendicité. Il avait d’ailleurs pour adage « Un jour sans travail est un jour sans nourriture ». On dit qu’à la fin de sa vie, ses disciples devaient cacher ses outils pour l’empêcher d’aller travailler aux champs, malgré son grand âge.


BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. mourut en 814. Il subsiste deux recueils de ses enseignements : Entretiens de Baizhang HuaihaiBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi. et les Entretiens élargis de BaizhangBaizhang Huaihai (720–814), disciple de Mazu Daoyi.. On peut y lire ce passage :

Si vous vous attachez à une quelconque « pureté fondamentale » ou « libération », ou à l’idée que vous êtes vous-même Bouddha, ou que vous êtes quelqu’un qui comprend la Voie zen, alors vous tombez dans la fausse idée du « naturalisme » [c’est-à-dire ce qui n’est pas sujet à la relation de cause à effet]. Si vous vous attachez à l’idée de « l’existence » de soi ou des choses, alors cela relève de la fausse idée d’ « éternalisme ». Si vous vous attachez à l’idée de « non-existence », alors cela relève de la fausse idée de « nihilisme ». Si vous vous attachez à l’un ou l’autre des concepts d’existence ou de non-existence, cela relève de la fausse idée de partialité. Si vous vous attachez à un concept selon lequel les choses n’existent pas et ne non-existent pas, alors c’est la fausse idée du vide, et on l’appelle aussi l’hérésie de l’ignorance.

On ne devrait pratiquer dans le présent que sans concept de Bouddha, de nirvana, etc., et sans aucune idée sur l’existence ou la non-existence, etc. ; et sans point de vue sur les points de vue, ce qu’on appelle le point de vue correct ; ou ce que vous n’avez pas entendu ou pas pas-entendu, car c’est la véritable audition. Tout cela s’appelle « vaincre les fausses doctrines ».


Sources

  • Thomas Cleary, The original face: an anthology of rinzai zen, New York, 1978, ISBN 978-0-394-17038-1.
  • Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Somerville, 2011, ISBN 978-0-86171-604-3.
  • John Blofeld, The Zen Teaching of Hui Hai on Sudden Illumination, 1962.