Wumen Huikai (1183–1260)

Portrait de Wumen Huikai
Wumen Huikai
(1183–1260)

Auteur du Wumen guanWumen guan (La Barrière sans porte) de Wumen Huikai..


Son maître, Yuelin ShiguanYuelin Shiguan (1143–1217), disciple de Dahong Zuzheng., lui donne le kōan Koans/ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan.-1 sur lequel il s’applique pendant six ans avant d’atteindre la réalisation. Il écrit alors le poème suivant :

Un coup de tonnerre sous le ciel bleu, Tous les êtres ouvrent les yeux ; Ensemble, toutes les existences se prosternent ; Le mont Sumeru danse sur les trois terrasses.

Il vagabonde de nombreuses années de temple en temple, hirsute, vêtu de vieilles robes sales, travaillant dans les champs. Âgé de 64 ans, il fonde un temple dans l’espoir de se retirer, mais il y est continuellement sollicité par des visiteurs.

Il compile le Wumen guanWumen guan (La Barrière sans porte) de Wumen Huikai., un recueil de 48 kōan commentés en vers et prose, qui commence précisément par Koans/ZhaozhouZhaozhou Congshen (778–897), disciple de Nanquan Puyuan.-1. Son commentaire de ce kōan est révélateur de son enseignement :

Exercez-vous sur ce « muwu
Forme de négation qui exprime l’absence.
 ». Nuit et jour, disséquez-le. Ne pensez pas à ce « muwu
Forme de négation qui exprime l’absence.
 » en termes de « oui » ou de « non ».

C’est comme si vous avaliez une boule de fer brûlante, et que vous vouliez la cracher sans y parvenir. Cette brûlure efface vos connaissances néfastes et vos perceptions antérieures. À la longue, ce « muwu
Forme de négation qui exprime l’absence.
 » devient tellement familier qu’intérieur et extérieur ne forment plus qu’un. Vous êtes tel un muet qui a fait un rêve [et ne peut le raconter]. Vous l’expérimentez vous-même, d’un seul coup tout se dévoile : effroi qui ébranle ciel et terre. C’est comme si vous aviez dérobé le grand sabre du général Guan.

Si vous rencontrez le Bouddha, tuez-le ; si vous rencontrez le patriarche BodhidharmaBodhidharma (440?–536/554), disciple de Prajñātāra., tuez-le. […]

Tenez ce « muwu
Forme de négation qui exprime l’absence.
 », gardez-le sans discontinuer, c’est bien. Il sera comme une bougie de la Loi à laquelle vous vous attacherez.


Sources

  • Hui kai, La passe sans porte, traduit par Catherine Despeux, Éd. Points, Paris, 2014, ISBN 978-2-7578-3468-8.
  • Kazuki Sekida, A. V. Grimstone, Huikai, Yuanwu, Two Zen classics: the Gateless gate and the Blue cliff records, Boston, Mass., 2005, ISBN 978-1-59030-282-8.
  • Robert Aitken, The Gateless Barrier: The Wu-Men Kuan, 1991, ISBN 0-86547-442-7.
  • Andy Ferguson, Zen's Chinese Heritage: The Masters and Their Teachings, Somerville, 2011, ISBN 978-0-86171-604-3.